Avis publié le 17 août 2026
SALON DE L’EROTISME – 1148/26
Plainte fondée
Le Jury de Déontologie Publicitaire a été saisi le 19 avril 2026 d’une plainte émanant d’un particulier, afin qu’il se prononce sur la conformité aux règles déontologiques en vigueur de publicités en faveur de la société Eroticshows, pour promouvoir son offre d’organisation de salons de l’érotisme.
Les publicités en cause, diffusée par voie d’affichage, présentent :
- pour l’une, sur la gauche de la publicité, la photographie d’une femme se tenant de trois-quart. Elle est vêtue d’un bustier, d’une culotte échancrée et de porte-jarretelles noirs, les bras relevés au-dessus de la tête. Sur la droite, un homme dont on n’aperçoit pas le visage, tient sa chemise et sa veste ouverte sur son buste ; des mains de femmes sont en train de déboutonner son pantalon.
- pour l’autre, sur la gauche de la publicité, la photographie d’une femme se tenant de dos. Elle est vêtue d’une tenue à résille, la culotte de type string laissant voir ses fesses. Sur la droite, un homme dont on n’aperçoit pas le visage, tient sa chemise et sa veste ouverte sur son buste ; des mains de femmes sont en train de déboutonner son pantalon.
Ces images sont accompagnées des informations relatives à l’organisation du salon : ville, dates, sponsors…etc.
Le Jury de Déontologie Publicitaire,
- après examen des éléments constituant le dossier de plainte,
- les personnes intéressées ayant été invitées à faire valoir leurs observations ci-après reproduites,
- et après en avoir débattu dans les conditions prévues par l’article 13 du règlement intérieur,
REND L’AVIS SUIVANT :
La Recommandation « Image et respect de la personne » de l’ARPP dispose :
- en son point 1 (Dignité, Décence) que :
- « 1 La publicité ne doit pas être susceptible de heurter la sensibilité, choquer ou même provoquer le public en propageant une image de la personne humaine portant atteinte à sa dignité et à la décence.
- 3 D’une façon générale, toute représentation dégradante ou humiliante de la personne humaine, explicite ou implicite, est exclue, notamment au travers de qualificatifs, d’attitudes, de postures, de gestes, de sons, etc., attentatoires à la dignité humaine. »
- en son point 2, (Stéréotypes), que :
- 2.1 La publicité ne doit pas réduire les personnes humaines, et en particulier les femmes, à la fonction d’objet.
- en son point 4 (Soumission, dépendance, violence), que :
- « 4.1 La publicité doit éviter d’induire une idée de soumission ou de dépendance dévalorisant la personne humaine et en particulier les femmes.
- 2 Toute présentation complaisante d’une situation de domination ou d’exploitation d’une personne par une autre est exclue. »
Le Jury relève d’abord, que les affiches de la publicité en cause sont destinées à promouvoir l’offre commerciale de salons consacrés à l’érotisme dans différentes villes françaises.
Le Jury considère que s’il n’existe pas de Recommandation qui prohibe, par principe, dans l’espace public, la publicité pour ce type de prestations, l’ensemble des textes visés ci-dessus ont vocation à s’appliquer afin qu’il se prononce au cas par cas sur ces messages publicitaires.
Or, le Jury constate que les affiches en cause font très directement référence à une femme photographiée dans des postures exclusivement sexuelles et provocantes, autant par la tenue qui la montre portant une lingerie suggestive que par les gestes qu’elle accomplit sur un partenaire dont on ne voit pas le visage, ce qui renforce encore l’impression qu’elle s’offre et/ou se soumet au désir masculin.
Le Jury estime que ces représentations dans l’espace public, visible par tous, instrumentalisent la femme et la réduisent à la fonction d’objet.
En conséquence de ce qui précède, il est d’avis que la campagne publicitaire en cause méconnaît les dispositions précitées.
Avis adopté le 6 août 2026 par Mme Tomé, Présidente, M. Aparisi, Vice-Président, Mmes Boissier, Charlot et Lenain, ainsi que MM. Le Gouvello et Thomelin.
LES OBSERVATIONS ÉCHANGÉES
1/ La plaignante
Je souhaite signaler des affiches pour un “Salon de l’érotisme” visibles dans l’espace public (rues, mobilier urbain) il y en a de plus en plus d’afficher.
Qu’il font des affiches juste avec le nom pas besoin de photo de femme dénudé pour ce genre d’événements le oubli est au courant je pense.
Ces affiches présentent des images à caractère sexuel (personnes en lingerie et poses suggestives), accessibles à tous, y compris aux mineurs.
Je considère que ce type de contenu n’est pas adapté à un affichage public et peut choquer une partie de la population. Je demande donc leur modification ou retrait. Il y a des mineurs qui voit tout cela que ce soit à pied ou en voiture ce n’est pas normal de voir cela dans des villes !
Les pubs doivent être faites autrement. Mes enfants qui se pose plein de question à savoir c’est quoi son travail, pourquoi elle est pas habillée ? Ect.
Ces photos date d’événement passé mais encore en ce 23 24 25 avril 2026 a douai les affiches y sont partout c’est abérant.
2/ La société Eroticshows
N’a pas présenté d’observations.
